Le pouvoir des œuvres-instruction de reconnecting Protocoles

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© Julien Gremaud

Dans la vie quotidienne, nous sommes constamment confronté.e.s à des instructions visant à promouvoir la coexistence humaine ou à définir un cadre dans lequel évoluer. Celles créées pour (re)connecting.earth ouvrent un espace de discussion sur la transition écologique et le dialogue inter-espèces. Elles invitent les spectateur.ice.s, en théorie ou en action, à entrer en interaction directe avec les autres êtres qui habitent l'environnement urbain.

Avec 12 nouvelles œuvres-instruction acquises en 2026 pendant la Biennale reconnecting.earth 03, l'association possède aujourd'hui 50 reconnecting protocoles !

Les œuvres-instruction sont des points de départ thématiques pour des ateliers, des conférences entre scientifiques et public, des promenades sur l'écologie urbaine en duo artiste-scientifique, et des performances artistiques qui ont lieu occasionnellement lors de l'exposition dans le cadre d'un programme étendu.

Les instructions des artistes suivent une voie bien connu dans l'histoire de l'art. De nombreux artistes - des membres de Fluxus à Duchamp et Yoko Ono - ont utilisé ce mode d'expression dans leur pratique artistique. En 1919, Marcel Duchamp ne peut assister au mariage de sa sœur Suzanne à Paris. Depuis Buenos Aires, il lui envoie une indication simple : accrocher un manuel de géométrie sur le balcon et laisser le vent en tourner les pages. L’œuvre existe alors à distance, dans le geste, dans le temps, dans ce qui advient.

Pour (re)connecting.earth, les instructions dans les espaces d'exposition intérieurs sont complétées par une sélection d'œuvres de certains artistes exposants. Elles contribuent à contextualiser et à interroger le thème de la relation affective ou émotionnelle avec la flore et la faune. Choisies en référence aux défis uniques de chaque ville, les thématiques de chaque édition de (re)connecting.earth posent des questions telles que : Comment se connecter à la nature améliore-t-il notre présent et notre avenir ? Quelle est la nature de nos échanges avec les autres espèces ? Pourquoi certains animaux et plantes sont-ils plus valorisés que d'autres?

Découvrez les instructions pour tout.e.s

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Gabriel Massan, Aller-retour, 2026.

Avec cette instruction, Gabriel Massan propose une expérience du déplacement qui questionne nos habitudes et notre quotidien. L’artiste rend sensible le spectateur à son propre trajet du quotidien.

Dans son travail, l'artiste aborde les thèmes de l'inégalité, du déplacement et de l'expérience latino-américaine. Atteindre une destination apparaît comme un objectif incertain, voire inaccessible. Pourtant, le mouvement lui-même devient essentiel : continuer à avancer constitue une forme de résistance.

Gabriel Massan, né en 1996 à Rio de Janeiro, vit et travaille à Berlin. Artiste multidisciplinaire, il travaille dans les domaines de l'animation 3D, de la sculpture numérique, du jeu vidéo et des installations interactives.

A travers cette œuvre-instruction, Daniel Hellmann provoque le spectateur en lui proposant de faire un choix pour s'interroger sur sa propre consommation alimentaire. Le visiteur devient alors acteur de l'expérience artistique.

Avec son personnage de Soya the Cow, l'artiste explore des formes de résistance qui passent par le corps, la transformation et la mise en scène. En croisant art, activisme et performance, il aborde des questions de justice environnementale, sociale et identitaire.

Daniel Hellmann, né en 1985 en Suisse, est danseur, comédien et performeur. Dans son travail, il propose une relecture critique des modèles hérités du colonialisme et de l’exploitation industrielle, en imaginant une nature queer, mouvante et indisciplinée.

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Daniel Hellmann, Le choix, 2026.

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Tanja Engelberts, Un puits, 2026.

Ici, l'instruction délivre une réflexion sur les infrastructures d'extraction pétrolières à l'abandon. Cette absence d'être vivant renforce l’impression d’un monde automatisé, où l’humain n’apparaît plus que comme l’initiateur lointain de processus qui le dépassent.

L'artiste invite à réfléchir aux conséquences matérielles de l’industrie énergétique. Elle étudie comment documenter des paysages qui ne sont plus visibles, souvent liés à l'industrie des combustibles fossiles.

Tanja Engelberts, née en 1987 à Deventer au Pays-Bas, vit et travaille à La Haye. Immergée dans le paysage industriel de la mer du Nord, naviguant avec des navires de maintenance et dialoguant avec des employés offshore, elle capte l'atmosphère de ces lieux à travers films, tirages, sons et textes.

L'œuvre d'Olaf Holzapfel propose une réflexion poétique sur l'espace, la structure et les frontières culturelles. Elle nous invite à reconsidérer notre rapport aux matériaux, aux formes de vie et aux espaces que nous habitons.

Olaf Holzapfel, né en 1967 à Dresde, vit et travaille à Berlin. Son travail englobe peinture, sculpture, installation, photographie et cinéma, mettant en dialogue des méthodes artisanales traditionnelles et des matériaux naturels.

OLAF_Holzapfel_2026

Olaf Holzapfel, Etre infini.e , 2026

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Les œuvres-instruction de (re)connecting protocoles ne proposent pas de réponses définitives, mais ouvrent des espaces d'expérimentation et de réflexion. En invitant chacun·e à agir, observer ou simplement prêter attention, elles transforment le visiteur en acteur d'une expérience sensible. À travers des approches artistiques multiples, elles interrogent notre manière d'habiter le monde et de coexister avec les autres espèces. Les (re)connecting protocoles constituent ainsi un laboratoire vivant où l'art devient un outil pour imaginer de nouvelles formes de relations avec le vivant et repenser collectivement notre avenir écologique.